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Dans les années
1980-1990, le
déséquilibre du budjet de l'Etat s 'accentue ainsi
que le déficit de
la balance extérieure et l'inflation atteint les 60% par
an.
Au mois de Décembre dernier, le Président de la
République d'Equateur, Lucio Gutierez, a été accusé de non
respect de la Constitution car il s'était immiscé dans la
composition de la Cour Suprême pour y placer ses
hommes.
Au pouvoir depuis vingt sept mois, il avait été élu
grâce notamment au mouvement Indien, à qui il avait promit des
réformes économiques et sociales. Mais en répondant aux
exigences du FMI ( Front Monétaire International ) il a
suscité la colère de nombreux équatoriens, qui ne l'ont plus
dès lors vu que comme un traître puis un
dictateur.
Peu à peu, les évènements se sont aggravés et des
manifestations massives ont eu lieu en Avril dernier dans tout
le pays ( 80% de la population exigeait la démission du
Président). A Quito la répression a été tellement forte
qu'elle a causé la mort de trois civils, sans compter les
dizaines de blessés.
L'état
d'urgence a été déclaré le 15 Avril.
Le 20 Avril 2005, Lucio Gutierez, sous la pression de
la rue, abandonné par les forces militaires, est renversé,
destitué par le Parlement et remplacé par le Vice- Président,
Alfredo Palacio, jusqu'à la fin du mandat présidentiel: Le 15
Janvier 2007.
A l'image des désordres
politiques, l'économie du pays est tout aussi perturbée: si le pétrole est aujourd'hui la
principale source de revenus de l'Equateur, il n'en reste pas
moins que ses réserves seront sans doute épuisées vers
2010.
Le pays qui croyait pouvoir
ainsi générer la prospérité, éponger ses dettes, et se
stabiliser, risque donc de s'enfonçer potentiellement dans un
naufrage économique.
Néanmoins, le secteur agricole (
production de balsa, palétuviers, caoutchouc, exportation de bananes, plantations de canne à sucre,
manioc, riz, café, cacao.) est au cour de l'économie du pays,
il continue de prendre de l'ampleur et emploie plus de 40% de
la poplulation active.
La classe
moyenne est quasi inexistante, laissant une large partie de la
population défavorisée . Les chiffres actuels parlent d'eux
mêmes :
- 78% des équatoriens vivent sous le seuil de pauvreté
établi par l'Organisation Mondiale de la Santé ( la mendicité
infantile quant à elle s'exerce dans tout le pays). Ce chiffre
est en constante augmentation à cause d'une crise économique
qui a vu s'enflammer l'inflation et s'installer la
dollarisation, le
09 Janvier
2000
, signant ainsi la mort de la monnaie
nationale : le
Sucre.
- 72% des Equatoriens
n'ont pas accès aux soins médicaux.
Même si la médecine
traditionnelle perdure, il y a moins de 2000 chamanes
aujourd'hui dans tout le pays (surtout dans la forêt), ce qui
limite considérablement l'accessibilité aux soins. Au cour
d'une population très attachée aux croyances ancestrales, ce
facteur ne fait qu' accentuer l'exclusion des plus démunis.
- 40 à 50% des enfants
souffrent de dénutrition. Les hôpitaux publics offrent des
soins déplorables aux patients sans sécurité sociale.Etant donné que les
employeurs paient la sécurité sociale de leurs employés et
qu'une personne sur deux est touchée par le chômage, ce
sont des millions de personnes en situation
dramatique.
Mais si les malades souffrent de
cette réalité, le personnel soignant éprouve lui aussi de
graves difficultés
: le mois d' Avril 2004, a été marqué par des
grèves extrêmement suivies de la part des personnels médicaux
et paramédicaux de la fonction publique, qui n'avaient pas été
payés depuis plus de trois mois.
En effet, la compression du budget
de l'état est en la matière sévère, puisque la Santé ne représente guère
plus de 2 % du budget global annuel de
l'état.
Au sein d'un système de santé
effondré, les populations défavorisées en demande de soin,
n'ont donc pour prise en charge bien souvent que la solidarité
nationale et internationale.
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