"L'Equateur"

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Le plus petit des pays andins, l' Equateur, situé entre le Pérou et la Colombie, est un Pays en Voie de Développement, qui évolue, entre océan Pacifique, Cordillère des Andes et Amazonie, à plus de quinze heures de vol de la France.

Sa population (plus de treize millions d'habitants), pluriethnique (50% d'indiens, 4O% de métis et 10% de blancs), est également multiculturelle et plurilingue ( on y parle Espagnol, Quechua, Shuar et de nombreux autres dialectes reconnus patrimoine immatériel de l'Humanité par l' Unesco).

 

Sa superficie, divisée en vingt deux provinces, a considérablement diminué depuis son indépendance, en  1830,  au profit de la Colombie, du Brésil et surtout du Pérou, à qui le gouvernement équatorien a cédé 200 000 km2 de son territoire, avant de signer en 1998, le traité de paix établissant les limites frontalières entre les deux pays.

 

La politique nationale reste quant à elle, marquée par une succession de coups d'état militaires, d'alternances politiques à répétition (conservateurs-libéraux) et de conflits, qui en font un pays écorché dans un contexte d' instabilité gouvernementale. Ce n'est qu'en 1945 que l'Equateur accède à la démocratie. S'ensuit une longue période de troubles où civils et militaires se succèdent au pouvoir ( le dernier retour de la démocratie date de 1979). 

 

 

 

Capitale: Quito
Superficie: 283 560 Km2
Population: 13 millions
Langue:
Espagnol

 

Dans les années 1980-1990, le déséquilibre du budjet de l'Etat s 'accentue ainsi que  le déficit de la balance extérieure et l'inflation atteint les 60% par an.

Au mois de Décembre dernier, le Président de la République d'Equateur, Lucio Gutierez, a été accusé de non respect de la Constitution car il s'était immiscé dans la composition de la Cour Suprême pour y placer ses hommes.

Au pouvoir depuis vingt sept mois, il avait été élu grâce notamment au mouvement Indien, à qui il avait promit des réformes économiques et sociales. Mais en répondant aux exigences du FMI ( Front Monétaire International ) il a suscité la colère de nombreux équatoriens, qui ne l'ont plus dès lors vu que comme un traître puis un dictateur.

Peu à peu, les évènements se sont aggravés et des manifestations massives ont eu lieu en Avril dernier dans tout le pays ( 80% de la population exigeait la démission du Président). A Quito la répression a été tellement forte qu'elle a causé la mort de trois civils, sans compter les dizaines de blessés.

L'état d'urgence a été déclaré le 15 Avril.

Le 20 Avril 2005, Lucio Gutierez, sous la pression de la rue, abandonné par les forces militaires, est renversé, destitué par le Parlement et remplacé par le Vice- Président, Alfredo Palacio, jusqu'à la fin du mandat présidentiel: Le 15 Janvier 2007.

A l'image des désordres politiques, l'économie du pays est tout aussi perturbée: si le pétrole est aujourd'hui la principale source de revenus de l'Equateur, il n'en reste pas moins que ses réserves seront sans doute épuisées vers 2010.

Le pays qui croyait pouvoir ainsi générer la prospérité, éponger ses dettes, et se stabiliser, risque donc de s'enfonçer potentiellement dans un naufrage économique.

Néanmoins, le secteur agricole ( production de balsa, palétuviers, caoutchouc,  exportation de bananes, plantations de canne à sucre, manioc, riz, café, cacao.) est au cour de l'économie du pays, il continue de prendre de l'ampleur et emploie plus de 40% de la poplulation active.

La  classe moyenne est quasi inexistante, laissant une large partie de la population défavorisée . Les chiffres actuels parlent d'eux mêmes : [1]

 

- 78% des équatoriens vivent sous le seuil de pauvreté établi par l'Organisation Mondiale de la Santé ( la mendicité infantile quant à elle s'exerce dans tout le pays). Ce chiffre est en constante augmentation à cause d'une crise économique qui a vu s'enflammer l'inflation et s'installer la dollarisation, le 09 Janvier 2000 , signant ainsi la mort de la monnaie nationale : le Sucre.

-  72% des Equatoriens n'ont pas accès aux soins médicaux.

Même si la médecine traditionnelle perdure, il y a moins de 2000 chamanes aujourd'hui dans tout le pays (surtout dans la forêt), ce qui limite considérablement l'accessibilité aux soins. Au cour d'une population très attachée aux croyances ancestrales, ce facteur ne fait qu' accentuer l'exclusion des plus démunis.

- 40 à 50% des enfants souffrent de dénutrition. Les hôpitaux publics offrent des soins déplorables aux patients sans sécurité sociale.Etant donné que les employeurs paient la sécurité sociale de leurs employés et qu'une personne sur deux est touchée par le chômage, ce sont des millions de personnes en situation dramatique.

Mais si les malades souffrent de cette réalité, le personnel soignant éprouve lui aussi de graves difficultés  : le mois d' Avril 2004,  a été marqué par des grèves extrêmement suivies de la part des personnels médicaux et paramédicaux de la fonction publique, qui n'avaient pas été payés depuis plus de trois mois.

En effet, la compression du budget de l'état est en la matière sévère, puisque la Santé  ne représente guère plus de 2 % du budget global annuel de l'état.

Au sein d'un système de santé effondré, les populations défavorisées en demande de soin, n'ont donc pour prise en charge bien souvent que la solidarité nationale et internationale.


[1] Selon l'OMS : Organisation Mondiale de la Santé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Franco De Vita - "Si tu no estas"